Dijon Japonais

Alim'confiance : lire un résultat sans le surinterpréter

La base publie une seule chose : le niveau d'hygiène constaté lors de la dernière inspection officielle d'un établissement, avec la date de cette inspection. Elle ne note pas la cuisine, ne compare pas les restaurants entre eux et ne dit rien de ce qui s'est passé après le passage de l'inspecteur. Trois paramètres décident de ce que vous pouvez en tirer : la durée de conservation des données, le décalage entre le contrôle et sa mise en ligne, et la manière dont un établissement entre dans la base.

D'où vient le dispositif

La mise en transparence a été votée par le Parlement à l'article 45 de la loi d'avenir pour l'agriculture, l'alimentation et la forêt du 13 octobre 2014. Elle a d'abord été testée à Paris et à Avignon, de juillet à décembre 2015, sur le fondement du décret n° 2015-189 du 18 février 2015.

Le décret n° 2016-1750 du 15 décembre 2016 a généralisé le dispositif. Les résultats des contrôles réalisés à compter du 1er mars 2017 sont publics, et la mise en ligne effective a démarré le 3 avril 2017. Le périmètre couvre l'ensemble de la chaîne alimentaire : abattoirs, établissements agroalimentaires, restauration collective et commerces de détail, catégorie qui englobe les restaurants et les métiers de bouche.

La France n'a pas innové seule : au moment de la généralisation, neuf pays européens publiaient déjà les résultats de leurs contrôles, parmi lesquels le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Belgique, l'Irlande et les pays nordiques.

Les quatre niveaux et ce qui les sépare

Deux niveaux sont définis explicitement dans la documentation officielle. Le niveau très satisfaisant désigne un établissement sans non-conformité, ou dont les non-conformités relevées sont mineures. Le niveau satisfaisant désigne un établissement présentant des non-conformités qui ne justifient pas de mesure de police administrative, mais auxquelles l'autorité répond par un courrier de rappel de la réglementation.

Le troisième niveau, à améliorer, vise des non-conformités importantes : l'exploitant est mis en demeure de procéder à des mesures correctives dans un délai imposé, et une nouvelle visite est programmée. Le quatrième ferme l'échelle. La frontière utile ne passe donc pas entre les deux premiers niveaux, souvent commentés comme s'il s'agissait d'un classement, mais entre le deuxième et le troisième : c'est là que le simple courrier de rappel cède la place à une mise en demeure.

Ces quatre appellations et leur portée sont fixées à l'article D. 231-3-11 du code rural et de la pêche maritime. Les modalités pratiques de publication relèvent de l'arrêté ministériel du 28 février 2017, pris pour l'application du décret n° 2016-1750. Les trois autres repères vérifiables avant de réserver sont réunis sur la page principale.

  • Très satisfaisantAucune non-conformité, ou non-conformités mineures uniquement.
  • SatisfaisantNon-conformités ne justifiant pas de mesure de police administrative ; courrier de rappel de la réglementation.
  • À améliorerNon-conformités importantes : mise en demeure de prendre des mesures correctives dans un délai fixé, nouveau contrôle programmé.
  • À corriger de manière urgenteNiveau le plus bas de l'échelle fixée à l'article D. 231-3-11 du code rural et de la pêche maritime.

Trois décalages à garder en tête

Un an de mémoire. Les résultats restent consultables douze mois après la date du contrôle, puis disparaissent, les affichettes remises aux exploitants suivant la même durée de validité. Passé ce délai, l'établissement sort de la carte sans qu'aucun événement défavorable ne se soit produit.

Publication différée. À réception du courrier lui notifiant son niveau, l'exploitant dispose d'un délai pour faire valoir ses observations avant la mise en ligne. Ce temps contradictoire est indispensable au dispositif. Il implique aussi que la fiche consultée décrit une visite déjà ancienne de plusieurs semaines.

Entrée par le contrôle, pas par l'inscription. Un établissement n'apparaît que parce qu'un service de l'État s'y est rendu, et la fréquence des inspections varie selon l'analyse de risque, l'historique de l'établissement et les signalements reçus. Personne ne s'inscrit sur Alim'confiance et personne ne peut en être retiré à sa demande.

De ces trois points découle la seule erreur d'interprétation vraiment coûteuse : traiter l'absence d'un restaurant comme un signal. Elle n'en est pas un. Elle indique qu'aucune inspection n'a été publiée le concernant dans les douze derniers mois, ce qui décrit l'activité de l'administration, pas la propreté d'une cuisine.

Ce que le public en fait

L'évaluation menée pendant l'expérimentation donne une idée de l'accueil réservé au dispositif. Sur 219 visiteurs du site interrogés entre le 1er juillet et le 23 novembre 2015, 93 % jugeaient la démarche intéressante et 92 % déclaraient faire confiance aux résultats publiés. À la question de l'usage futur, 45 % annonçaient vouloir consulter systématiquement le site avant de choisir un restaurant, 47 % de temps en temps. Une bonne note incitait 81 % des répondants à découvrir de nouveaux établissements.

L'échantillon est réduit et composé de personnes déjà venues sur le site, ce qui limite la portée du chiffre. Il éclaire tout de même un point : le dispositif est lu comme une invitation à essayer, plus que comme un instrument de sanction. Nous ne reprenons ici aucun résultat d'établissement, conformément à notre règle de sourçage.

Où consulter les données

La carte interactive et la recherche par nom ou par adresse sont accessibles sur alim-confiance.gouv.fr. Le jeu de données complet est par ailleurs republié en accès libre sur data.gouv.fr. Ce format permet de filtrer par commune ou par type d'établissement, sans passer par l'interface cartographique.

Pour la partie qui échappe entièrement à ce dispositif, à savoir le traitement du poisson servi cru, voir les barèmes de congélation assainissante. Cette page décrit un cadre réglementaire et ne vaut pas avis sanitaire : les limites de responsabilité figurent dans les mentions légales.